Lundi 7 juillet 2008
1
07
/07
/Juil
/2008
15:16
Mais t'inquiète le jour venu on va hisser le drapeau noir,
Et j'espère qu'ils auront prévu le PQ dans l'isoloir.
Svinkels
Je n'ai jamais vu une époque si
inventive en termes de
Sciences Politiques.
Bien sur,
Chirac nous avait déjà collé une bonne leçon en démontrant que maîtriser la technique politique apporte plus de résultats que d'avoir l'opinion publique dans sa poche.
Mais il semble que l'élève Sarkozy expérimente fort dans ce domaine. Son style rodé de
populisme pro-actif n'est rien comparé à ses grands
coups du Berger politiques.
Durant les présidentielles, il a déjà montré qu'il pouvait latter la concurrence avec une maîtrise de la Division qui a sûrement fait éjaculer Machiavel dans sa tombe. Qu'il s'agisse de
l'assassinat du MoDem avec le soutien au Nouveau Centre ou la
subdivision des socialistes déjà éclatés avec l'
ouverture, il a clairement officialisé la méthode : la confusion
par envoi massif d'information, ou plutôt, comme on dit aujourd'hui,
le flood.
Le flood est une technique clairement
offensive : avec très peu d'efforts, on crée une situation difficile à contrôler en face.
Alors oui, bravo pour la leçon. Mais doit on se féliciter d'avoir Protagoras à la tête de notre pays? Ne devrait on pas un peu flipper en voyant que ce gars a mis en quelques mois toute opposition
-totale ou modérée- à sécher sur le trottoir?
Est-on vraiment assez cons pour encenser comme chef le mec qui s'est assuré que les deux tiers de notre force de proposition politique ferme sa gueule pendant au moins 5 ans ?
La bonne nouvelle, c'est que la réponse est
"Non". La mauvaise, c'est qu'il l'a bien compris...
Aujourd'hui, c'est le dernier niveau d'opposition qui subit en plein le flood politique.
C'est
nous.
En effet, on entend beaucoup dire qu'il faut un nouvel homme fort dans l'opposition. Mais le vrai problème, c'est que l'abondance d'action politique rend toute action d'opposition coordonnée
infaisable, et
toute élection d'un leader d'opposition impossible.
Si demain on mettait un paquet d'opposants dans la rue,
il n'y en aurait pas dix qui gueuleraient la même chose. Alors que certains gueuleraient "mort au capitalisme", d'autres beugleraient
contre le conservatisme, d'autres contre l'hyper exposition médiatique et la mort de la vieille politique, et les centristes n'arriveraient simplement pas à faire tenir dans le même slogan "je suis
contre le paquet fiscal, à priori contre la reforme des universités, plutôt pour le RSA et j'aimerais que tous les médias de mon pays ne soient pas contrôlés par le même groupe".
Alors oui, Besancenot veut faire une
grande opposition, c'est très louable. Mais on est encore beaucoup à être encore conscients qu'
une réaction par les extrêmes n'apportera rien de
bon.
A terme, on se ralliera sûrement derrière le plus fédérateur ou le moins mauvais.
Mais en attendant,
l'opposition sera acéphale ou ne sera pas.
Donc effectivement, il peut se gausser notre président, et il a raison : quand on écoute la rue
on entend rien.
Et finalement,
je suis content de le voir se frotter les mains en direct, car au moins il montre l'espace d'un instant son vrai visage :
un Control Freak, excessivement dangereux, dont la
seule faiblesse technique réside dans une incontrôlable autosatisfaction.
Et si nous attendons qu'il ait terminé de monter son décor, il n'y aura plus rien contre quoi hurler. Nous n'aurons pas les moyens d'espérer appartenir un jour à
la poignée qui tire bénéfice de
son action.
Mais bon, rassurons nous :
on pourra toujours se frotter les mains d'avoir sucré les allocs à ces sales cons de profiteurs quand on devra prendre un second boulot de nuit pour toucher un
centième du bonus de Lagardère et pouvoir payer la fac à ses enfants.
Mais au final, la révolution reste cantonnée aux tables basses et aux comptoirs, et sur le net on se demande encore qui pourra bannir Nicolas pour flooding avant que le forum ne plante...